L’accès aux crédits bientôt plus facile pour les pme/pmi
Le Bureau d’Information sur le Crédit mis en place le 20 janvier entend transformer l’accès au financement en réduisant l’asymétrie d’information entre les prêteurs et les demandeurs de capitaux. Une bonne nouvelle pour les PME.
Le Cameroun a désormais un Bureau d’Information sur le Crédit (BIC). L’institution a été lancée à Douala le 20 janvier dernier. Le BIC qui aura des représentations dans tout le pays va collecter les données sur la solvabilité des emprunteurs auprès des banques, microfinances, fournisseurs de services et permettre une évaluation des risques plus pointue et plus sûre. Ce qui pourrait baisser le coût du crédit, mieux cerner les risques et accélérer le financement des PME par les banques et autres établissements de crédit.
Le Bureau d’Information sur le Crédit va collecter auprès des organismes financiers, des sources publiques et grands facturiers (Société d’électricité, d’eau, de téléphonie) des données disponibles sur les antécédents de crédit ou de paiement d’un emprunteur. Le BIC va ensuite traiter les informations collectées à l’aide de techniques statistiques et informatiques appropriées et enfin commercialiser ou mettre à la disposition des établissements de crédit entre autres les informations traitées sous forme de rapport de solvabilité ou de scoring.
De véritables outils de prise de décision pour l’octroi des crédits
Les banques disposeront donc des informations fiables sur les demandeurs de prêts et pourraient prendre avec célérité la décision de leur octroyer des prêts ou non. « Nous avons déploré plusieurs fois le fait que les PME n’ont pas accès au financement. L’une des raisons réside dans l’absence d’informations qui permet aux prêteurs de mieux analyser le risque qui est attaché au financement qui pourrait passer. Ce bureau de crédit qui est une espèce de base de données d’information va donc permettre aux banques et aux établissements de microfinances de mieux cerner le risque et donc d’accélérer le financement des PME », soutient Michel Dzombala, vice-Gouverneur de la BEAC.
Une position qui rejoint celle du Dr André Arnaud Enguene, enseignant d’économie à l’Université de Yaoundé 2 à Soa. Pour lui, le BIC est une grande opportunité pour les PME. « Dans un contexte marqué par des niveaux élevés de créances douteuses, une sous-utilisation des lignes de crédit, souvent inférieurs à 50% dans la zone Cemac et des difficultés d’accès au financement pour les PME, cette initiative apporte une valeur ajoutée indéniable. Elle permet notamment de réduire l’asymétrie d’informations entre banques et emprunteurs, facilitant une évaluation plus précise des risques. Pour les PME, souvent exclues du système financier, faute d’informations fiables, la génération de score de solvabilité valorise leur « capital réputationnel ». L’absence d’antécédents devient ainsi une opportunité plutôt qu’une barrière, encourageant leur inclusion dans le circuit du crédit. Ce dispositif contribue également à restaurer la confiance entre banques et PME ». soutient-il.


